Utiliser l’IA pour accompagner efficacement les autistes et leur entourage

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L’intelligence artificielle permet de nombreux progrès dans le domaine scientifique et médical. Entre l’utilisation des outils numériques et des robots, l’accompagnement digital des personnes qui en ont besoin est une avancée majeure permise par l’IA. L’entourage des enfants autistes reste parfois sans solutions face aux incompréhensions comportementales de leurs protégés. Des projets innovants ont été développés en France et outre-Atlantique pour entourer l’ensemble des acteurs de cet écosystème. Quelles sont ces solutions ? Quels enjeux permettent-elles de soulever ? Quelles sont les possibilités d’évolution et les limites de leurs utilisations ? Zoom sur les outils d’assistance aux personnes atteintes du trouble du spectre autistique.

I-Myelin : un outil collaboratif pour accompagner l’entourage des autistes

Il est encore difficile pour les parents dont les enfants sont atteints d’autisme de trouver les moyens adaptés pour les aider au quotidien. Leurs créateurs sont convaincus du rôle que peut jouer l’IA dans l’accompagnement des personnes atteintes d’autisme.

Application née au Canada et lancée en octobre 2019, Myelin utilise l’IA dans un processus d’apprentissage et d’appui aux familles dont un ou plusieurs membres sont atteints de pathologies mentales. L’objectif des fondateurs est de créer en parallèle une communauté de partage d’idées et de solutions. Ces données sont ensuite utilisées de manière collaborative et servent à l’ensemble du réseau. Elles viennent ainsi compléter les sources fiables qui émanent du monde médical. Devant la masse d’informations théoriques diffusées, l’équipe de Myelin sélectionne les plus pertinentes et procède à une vulgarisation pour aider les utilisateurs et leur faire gagner du temps.

A terme c’est le rôle qui devra être joué par l’intelligence artificielle. Cet objectif implique une multitude d’acteurs : les psychologues, les chercheurs scientifiques et les ingénieurs qui codent l’infrastructure. On cherche à gagner en vitesse, les capacités d’analyse de l’IA permettant des avancées importantes. Les applications des théories scientifiques comprennent un retard conséquent dû à la quantité de publications disponibles. La gestion des données reste un point central dans le développement de Myelin. Une communauté de représentation a été mise en place pour étudier les enjeux éthiques.

Aujourd’hui l’IA se concentre uniquement sur des contenus issus de trois types de sources : les revues systématiques, les méta-analyses et les guides des pratiques. L’algorithme est entraîné à faire des liens entre les concepts auxquels il est confronté pour juger de la validité des propos analysés lors d’une deuxième classification.

II-Microsoft : HELPICTO

Helpicto est un précieux outil à destination des enfants souffrant d’autisme. Cela leur permet de rester au calme et de se tenir occupé. En un sens, l’IA de Microsoft est garant du confort de vie des familles qui vivent au rythme des crises d’autisme de leurs enfants. En effet, communiquer pour les autistes est très compliqué car ils ne distinguent pas les voix humaines des bruits ambiants.

Consciente de ces limites, Carine Mantoulan (sychologue et directrice de l’association toulousaine InPACTS) setourne alors vers une société toulousaine, qui se nomme Equadex et qui va développer, avec l’aide de Microsoft : Helpicto. Le but de cette application est de favoriser la communication entre les enfants autistes et leurs parents, mais aussi leur enseignants, médecins : tous ceux qui vont être amené à interagir avec eux.

Les ingénieurs d’Equadex ont programmé l’application de sorte à ce qu’elle soit disponible sur tablettes et smartphones, pour que les familles l’aient toujours à portée de main. Elle se compose d’une base de données de pictogrammes le but étant que l’application convertirait les mots parlés en séries d’images. Parler et se faire comprendre est l’enjeu majeur des autistes, Helpicto traduit donc les paroles de l’enfant autiste grâce à des images.

III-Le monde de demain : quelles perspectives futures ?

Début 2020, une classe nommée “Intelligences atypiques » sera ouverte par Microsoft pour accueillir des enfants atteints du syndrome d’asperger. Contrairement à une idée répandue, l’autisme n’est pas systématiquement synonyme d’un retard intellectuel, en particulier pour ceux atteints du syndrome d’Asperger. Ce trouble fragilise la communication et la rend parfois impossible. Ce qui nécessite, évidemment, un encadrement bien particulier. Mais, Microsoft estime que dans le domaine de l’informatique ces profils atypiques constituent une opportunité. Les personnes atteintes de ce trouble neurologique ont du mal à s’intégrer dans le marché du travail. En France, moins de 1 % des 400.000 adultes présentant ainsi un trouble du spectre autistique travaillent.

Sur le campus de Microsoft France, une promotion de 15 personnes d’un nouveau genre, nommée “Intelligences atypiques”, ouvrira au sein de l’école dédiée à l’intelligence artificielle (IA). Cette promotion peut être prometteuse car ceux atteints d’autisme sont doués pour les tâches chronophages comme la programmation informatique donc, mais aussi et surtout dans la gestion du big data. Ces bases de données dont se nourrissent les technologies d’intelligence artificielle sont tout à fait accessibles à ceux qui souffrent d’autisme.

Ainsi, on peut y voir du positif à l’avenir quant à la considération de cette maladie par les entreprises : « Nous sommes persuadés que le handicap doit être synonyme d’opportunité, de compétence et d’innovation » explique Emmanuel Thieffry, co-dirigeant de Compéthance, un organisme spécialisé dans l’inclusion professionnelle de travailleurs handicapés dans le secteur du numérique.

Depuis quelque années, la piste des robots dits « empathiques » pour guider les enfants autistes dans leur processus d’apprentissage est étudiée. En particulier concernant les difficultés de communication. Le travail avec les robots représente un facilitateur du mécanisme d’imitation et a prouvé son efficacité sur les jeunes autistes. Un des axes d’étude principal est la reconnaissance des émotions. Les robots seront capables de représenter par des gestes et des mimiques faciales différents sentiments et auront pour mission de permettre aux autistes de les comprendre. Le déploiement de ces assistants inclurait cependant un nombre important de limites éthiques.

Nous manquons encore de recul à l’heure actuelle. Différents biais accompagnent en général ces solutions. La recherche avance, le grand public est progressivement éclairé sur le sujet et l’intelligence artificielle a un rôle certain à y jouer.

First multi-technology student project in France. DLT— AI — IoT — VR — 150 students, 6 campuses and 4 cities. www.kryptosphere.org

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