Agroalimentaire et Blockchain

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En 2018, Carrefour devient l’un des pionniers de l’agro alimentaire en ajoutant une pincée de blockchain à la traçabilité de ses produits .La “filière qualité” commence déjà à être dotée de cette technologie et cette évolution atteindra son apogée en 2022. Dans ce cas d’usage, la Blockchain n’est pas une solution de substitution à la supply chain mais bien une amélioration.

Agroalimentaire, “Supply” ou “Block” chain ?

De nos jours la traçabilité des aliments est assurée par une chaîne logistique (supply chain) .Grâce à elle une entreprise peut suivre le transport de la marchandise, connaître la nature du produit et les contrôles qu’il a subi. Néanmoins, cette solution doit répondre à certains problèmes comme la fraude dans les supply chain puisque son coût s’élevait à 40 milliards de dollars en 2016, ou la contrainte du temps puisque certaines sont plus périssable que d’autres. Même si la perte d’argent est importante il y a autre de chose de plus important : La confiance du consommateur. Avec différents scandales alimentaires et le flou entourant certaines supply chain, notre confiance s’éteint progressivement.

De ce constat, l’idée d’utiliser une blockchain est née.

Pour suivre le parcours des produits, on disposera un QR code ou un capteur sans contact (RFID) sur l’emballage. On pourra alors créer comme une carte d’identité complète du produit ! La ou dans une supply chain on rentre (le plus souvent) les informations manuellement, l’intégration de la blockchain permet de faciliter l’automatisation de ce processus avec comme par exemple des capteurs de température/humidité associé à des smarts contracts. Cet automatisation permet de faire une transition entre le papier et le numérique, ce qui permet par exemple en cas d’intoxication alimentaire de retrouver beaucoup plus rapidement l’origine du problème.

Le fait d’inscrire chaque étape du produit dans la blockchain rend impossible la modification du registre et sa transparence permet d’identifier plus rapidement la source d’un problème tout en assurant un droit de vision au client final.

Même si Carrefour peut paraître avant gardiste avec cette technique de traçabilité, la firme bleu blanc rouge , comme dit précédemment, n’est pas la seule de ce secteur a utiliser la blockchain. En effet Auchan, a utilisé un système similaire pour tracer ses carottes bio ou encore Casino avec son miel. Par contre aussi miraculeuse qu’apparaît cette solution, elle a des failles…

Déjà, la blockchain utilisée est une blockchain privée ce qui signifie que l’entreprise se réserve le droit d’assurer un droit de vision à qui elle veut (le consommateur ne verra pas les mêmes informations qu’une partie prenante) et la transparence n’est pas totale.

D’autre part, Imaginons un fermier peu scrupuleux qui prétend vendre ses viande nourri sans ogm. A part les contrôles physiques qu’est ce qui l’empêche de mentir et d’inscrire cette fausse information sur la blockchain (ou même une supply chain) ? La technologie peut résoudre bien des choses mais pas les comportements humains.

Carrefour et traçabilité ne font qu’un bloc !

Au delà d’une pratique geek pour certains, le distributeur français a voulu garantir une transparence de ses produits pour ses clients. Ce parcours a commencé en mars 2018 lorsque que Carrefour annonce la traçabilité grâce à sa propre blockchain Lors de cette annonce le groupe explique : “Appliquée au secteur alimentaire, [la blockchain] permet à chaque acteur de la chaîne d’approvisionnement (producteurs, transformateurs et distributeurs) de renseigner les informations de traçabilité qui les concernent et ce pour chaque lot (dates, lieux, bâtiments d’élevage, circuit de distribution, traitement potentiels, etc…) “ Dès lors, le premier produit à en bénéficier sera…le poulet d’auvergne ! En effet les informations mises à disposition seront l’alimentation du poulet, les différents labels ou encore la présence de traitement ou non. A première vue ces indications figurent déjà sur l’emballage mais dans un soucis de confiance le consommateur pourra vérifier la véracité de ces indications.

Après ce succès Carrefour continue l’implantation dans d’autres produits de sa filière qualité comme le camembert ou les oeufs. A partir d’octobre 2018, Carrefour passe à IBM food trust, une solution blockchain adaptée pour le suivi de denrées agro alimentaires.

IBM food trust est basé est sur le projet open source Hyperledger. Même si cette innovation est utilisée par de grands groupes comme Unilever ou Nestlé , l’ambition (utopique ?) est de générer un système mondial de traçabilité mais en conservant une confidentialité pour chaque entreprise pour garantir une certaines concurrence.

Le Saumon de norvège ajouté à la blockchain

Fin Janvier, Carrefour a annoncé la possibilité pour le consommateur de suivre le parcours de leur saumon de Norvège grâce à la technologie Blockchain. Ce produit issu de la filière qualité de carrefour est le 25ème de la firme à utiliser la blockchain en remplacement de la supply chain classique. Ceci est rendu possible notamment grâce au fournisseur de produits maritimes Leroy qui propose un suivi du Saumon de l’oeuf jusqu’à notre assiette. (Le produit fini). Ce système permet au client final de pouvoir retracer par l’intermédiaire d’un QR code et d’une application, tout le parcours du Saumon ( On peut notamment connaître l’emplacement GPS du lieu d’élevage ou encore le type d’aquaculture pratiqué) avec tous les avantages énoncés précédemment de cette technologie.

Le système de Carrefour est en plein essor (notamment chez nos voisins belges) et l’émergence de blockchain dans l’agroalimentaire permet d’assurer une sécurité alimentaire, un éclaircissement des différentes transformation du produit et facilite la vie de tout le monde. Néanmoins ce système reste en état d’une “supply chain” améliorée et serait encore améliorable si il devenait complètement décentralisé ou encore avec l’ajout de smart contracts pour faciliter les transactions entre les acteurs et le distributeur français.

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First multi-technology student project in France. DLT— AI — IoT — VR — 150 students, 6 campuses and 4 cities. www.kryptosphere.org

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